Le 12 septembre 2008
Monde professionnel
Monde amateur...
Trait d'union
Les uns pratiquent la musique comme un loisir. Les autres en ont fait leur métier. Ces deux modes d'être dans le monde musical sont ils necessairement étrangers l'un à l'autre ?
D'une frontière érigée sur la base de l'incompréhension naît la peur du dialogue. A contrario, l'absence de repères crée la confusion et nie les identités culturelles. Parlons plutôt de passage et de partage : Qu'avons nous de commun, que pouvons nous nous apporter mutuellement ?
Milieu professionnel et milieu amateur se définissent et s'apprécient l'un en fonction de l'autre. C'est une évidence, l'un étant le miroir de l'autre. Derrière ce miroir se révèle toute la richesse de l'image que nous avons les uns des autres et de l'estime mutuelle qu'elle véhicule. Derrière ce miroir, il y a des mains tendues et des mains à tendre; des paroles échangées et beaucoup de choses à se dire. Derrière ce miroir se révèle la dynamique commune qui nous porte. Le monde musical, en particulier celui des souffleurs, dont je suis, ne peut l'ignorer. Au fond, la vraie question à se poser est la suivante : que sommes nous les uns pour les autres ?
Enfant, j'ai appris avec des guides dévoués, généreux et passionnés appartenant au monde amateur. Nous avons été nombreux à emprunter ce chemin qui, après des années d'effort, de travail et de plaisir, nous a conduit sur la voie de l'excellence. Nous sommes parvenus à vivre nôtre passion, ce qui est un véritabble "don de Dieu" pour nous, enfants issus de milieux modestes; l'exemple le plus célèbre, étant celui de Maurice André.
Marche par marche, année par année, nous rentrions dans une spirale qui allait nous amener dans ce monde dit "professionnel" exigeant, au sein duquel l'erreur n'est plus permise. Pour autant, je ne me suis pas enfermé dans une tour d'ivoire. Bien au contraire. Nous nous devons d'actionner l'ascenseur et de revenir à la source pour permettre aux jeunes et aux moins jeunes de profiter de notre expérience, de nôtre vécu. Cet acte de gratitude est la moindre des choses à accomplir pour un homme de coeur.
Je souhaite que nous soyons de plus en plus nombreux dans le milieu professionnel à tendre la main aux amateurs de musique pour mettre en évidence ce trait d'union qui nous lie au nom d'une solidarité originelle. Ce geste symbolique doit, bien sûr s'opérer dans les deux sens. Au milieu amateur de saisir cette main tendue, et de veiller à ne pas bloquer l'ascenseur. La dynamique de qualité n'a de sens que s'il elle se propage à la base de sorte à profiter à l'ensemble des sociétés de musique qui irriguent le territoire. Tout musicien a accès à ce mouvement de progression qu'accélère le travail collectif. S'il aime ce qu'il fait, un homme est perfectible à tout moment de sa vie. Il ne s'agit pas rivaliser avec l'orchestre de la Garde Républicaine ou avec l'orchestre National de France mais juste de hisser l'ensemble en aidant chaque musicien à donner le meilleur de lui même.
Ma conscience et mon coeur me portent de plus en plus vers nos petites sociétés nichées dans les villages. La "proximité" est une affaire sérieuse car tout ce qui est à l'echelle humaine a de quoi rassurer. Nous devons nous investir davantage auprés de ces sociétés, de ces petites écoles de musique sans oublier l'Education Nationale. Le projet "Orchestre à l'ecole" en milieu rural doit rendre la musique accessible à tous nos jeunes. J'ai acquis la conviction qu'il faut organiser de plus en plus de rencontres musicales suivies d'animations à l'echelle des bassins de vie.
Il y a tellement de choses à faire ensemble! Evitons la dispersion, rassemblons nos forces ! Musiciens amateurs et professionnels accordons nous sur le diapason de l'amitié pour vivre ensemble d'heureux moments de musique.
Guy Dangain